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La reine Marie-Antoinette

création / durée : 1h Spectacle

Comment réveiller la figure de la reine Marie-Antoinette dans la Basilique Saint-Denis, à l’endroit même où elle est inhumée ? De manière inédite, c’est à partir de sa statue d’orante que l’autrice Catherine Froment revisite la célèbre reine en donnant la parole à cette statue réalisée par Pierre Petitot en 1830 et qui constitue sa dernière représentation, ou plutôt « son dernier corps », selon l’autrice.

Figée dans l’intemporalité de la pierre, Marie-Antoinette se replonge dans les différentes périodes de sa vie, depuis son arrivée en France à l’âge de quatorze ans jusqu’à son exécution à l’âge de trente-sept ans. Une vie qui paraît courte, mais contient en elle-même plusieurs vies, à travers les incarnations différentes de sa personne suivant les périodes.
 
La statue permet à cette « dernière » Marie-Antoinette de porter un regard étonnant aussi bien sur son existence passée que présente, avec ceux qui lui rendent visite au quotidien, ouvrant ce dialogue -tant attendu- entre cette reine et le monde qui l’entoure. 

Extraits : 

« Les voilà qui entrent telle une foule alors que je suis en train de mettre au monde mon premier enfant. La délivrance a commencé au milieu de la nuit. L’enfant vient. Au matin, les portes de la chambre se sont ouvertes et ils sont tous entrés. Je perds connaissance. « Le sang est monté jusque dans sa bouche » disent-ils. Ils me saignent au pied de manière abondante. « Ouvrez les fenêtres ! » ordonne le roi. Je ne les entends plus, l’enfant vient. 
Autour de moi, plusieurs femmes soutiennent mon corps. En cet instant, je ne suis plus une reine mais une simple femme allongée. » 

« Cette femme qui se trouvait derrière ma statue tout à l’heure est toujours là avec moi. Elle ne partira pas. Elle est par terre contre le bloc de pierre. On pourrait la confondre avec une femme fatiguée ou mal en point, mais non. Même si ce n’est pas visible à l’œil nu, elle tient une partie de ma statue dans ses bras. Je lui avais dit au départ : « Présentez-vous, j’accueille », mais désormais c’est elle qui m’accueille. Les statues ne s’appartiennent pas, elles appartiennent à ceux qui les regardent. Le nombre de visiteurs transforme la statue. Grâce à eux, je suis au bord de reprendre vie. 
Il s’est toujours trouvé une femme pour veiller sur moi, depuis madame Campan, jusqu’à Rosalie ma dernière servante à la Conciergerie. »

« Lorsqu’une reine meurt, il se trouve toujours une autre femme ou bien un autre homme qui prend la parole à sa place. C’est ainsi que les reines deviennent des personnages superposés. » 
 

équipe

Catherine Froment : autrice, performeuse
Marie Soubestre : chanteuse lyrique

Arrangements piano : François Popineau
Interprétation orgue dans la Basilique Saint-Denis : Fanny Cousseau
Costume : Moïse
Regards extérieurs : Odille Lauria & Dimitra Kontou
 

production / soutiens

Le Centre des Monuments Nationaux avec la Basilique Saint-Denis, le Centre National du Livre, la Région Ile de France, le Festival Hors-Limites.

Merci à Hélène Delalex pour sa participation et son soutien. 
Hélène Delalex est Conservatrice en chef du patrimoine au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon et autrice de l’ouvrage « Marie-Antoinette. La légèreté et la constance » aux éditions Perrin.